Vapotage passif : quels risques pour l’entourage ?

Vapotage passif : quels risques pour l’entourage ?
30 juin 2021 Édité le 25 août 2026
Vapotage passif : quels risques pour l’entourage ?

Lorsqu’une personne vapote à proximité, une partie de l’aérosol qu’elle expire se retrouve dans l’air ambiant. L’entourage peut donc être exposé à certaines substances présentes dans cet aérosol : c’est ce que l’on appelle le vapotage passif.

Cette exposition n’est toutefois pas comparable au tabagisme passif. Une cigarette allumée produit en continu de la fumée issue de la combustion du tabac, y compris entre les bouffées. Une cigarette électronique ne brûle pas de tabac et produit un aérosol uniquement lorsqu’elle est utilisée.

Des études ont détecté dans l’air intérieur de la nicotine, des particules et différents composés après vapotage. Mais détecter une substance ne suffit pas à démontrer qu’elle provoque un effet sur la santé aux niveaux auxquels l’entourage est réellement exposé.

À ce jour, les données restent limitées concernant les effets à long terme du vapotage passif. Il n’est donc pas justifié de le présenter comme totalement inoffensif, mais les connaissances disponibles ne permettent pas non plus de lui attribuer les risques bien établis du tabagisme passif.

En bref
Le vapotage passif correspond à l’exposition à une partie de l’aérosol expiré par le vapoteur.
Ce n’est pas la même exposition que le tabagisme passif, qui implique de la fumée issue de la combustion du tabac.
Des substances peuvent être mesurées dans l’air, sans que leur simple présence démontre un risque clinique pour l’entourage.
Les effets à long terme restent insuffisamment documentés : quelques précautions simples sont donc raisonnables, notamment autour des enfants et des personnes sensibles.

Le vapotage passif existe-t-il réellement ?

Oui. Lorsqu’une personne vapote, elle inhale l’aérosol produit par la cigarette électronique puis en expire une partie dans l’air ambiant. Les personnes situées à proximité peuvent donc être exposées à certains de ses constituants.

Cette exposition varie fortement selon la situation : taille de la pièce, ventilation, fréquence du vapotage, nombre de personnes qui vapotent, matériel utilisé et composition du e-liquide.

À quoi l’entourage peut-il être exposé ?

L’aérosol expiré peut notamment contenir :

  • du propylène glycol (PG) et de la glycérine végétale (VG) ;

  • de la nicotine, lorsque le e-liquide en contient ;

  • des particules fines et ultrafines ;

  • des arômes et différents composés présents à l’état de traces, dont la nature et les concentrations varient selon le produit et les conditions d’utilisation.

Cela ne signifie pas que toutes ces substances sont présentes à des niveaux susceptibles de provoquer un effet sur la santé. Une mesure dans l’air permet d’établir une exposition, mais pas à elle seule un danger clinique.

Les études sur l’exposition passive montrent d’ailleurs que les résultats dépendent beaucoup de l’intensité et de la durée d’exposition. Une revue britannique de référence n’a pas constaté de modification détectable de certains marqueurs de nicotine ou de substances potentiellement toxiques après de courtes expositions passives. En revanche, des expositions prolongées dans des environnements où de nombreuses personnes vapotaient pouvaient augmenter certains marqueurs d’exposition. 

Autrement dit, le vapotage passif existe bien, mais son importance dépend fortement des conditions d’exposition. La question suivante n’est donc pas seulement « trouve-t-on des substances dans l’air ? », mais à quelles doses, pendant combien de temps, et avec quelles conséquences éventuelles pour la santé ?

Vapotage passif et tabagisme passif : quelles différences ?

Le tabagisme passif et le vapotage passif correspondent tous les deux à une exposition involontaire de l’entourage, mais la nature et la source des émissions sont très différentes.

Une cigarette brûle du tabac. Elle émet de la fumée lorsque le fumeur tire une bouffée, mais aussi en continu depuis son extrémité allumée entre les bouffées. Cette fumée contient de nombreux produits de combustion dont les effets nocifs du tabagisme passif sont aujourd’hui clairement établis.

Cigarette allumée dans un cendrier et cigarette électronique : comparaison des émissionsCigarette allumée dans un cendrier et cigarette électronique : comparaison des émissions

Une cigarette électronique, elle, ne brûle pas de tabac. Elle chauffe un e-liquide afin de former un aérosol. Il n’existe donc pas l’équivalent de cette fumée produite en permanence par une cigarette allumée : l’exposition de l’entourage provient essentiellement de l’aérosol expiré par le vapoteur lorsqu’il utilise son appareil.

Cela ne signifie pas que l’aérosol est simplement de la « vapeur d’eau » ou qu’il est sans risque. Il peut contenir de la nicotine lorsque le e-liquide en contient, ainsi que des particules et d’autres composés. En revanche, les données disponibles ne permettent pas d’assimiler les risques du vapotage passif à ceux, bien documentés, du tabagisme passif. Les autorités sanitaires britanniques considèrent actuellement que le risque pour l’entourage paraît faible par rapport à celui de la fumée de tabac, tout en soulignant que les données à long terme restent limitées. (NHS)

Tabagisme passif Vapotage passif
Source Combustion du tabac Chauffage d’un e-liquide
Émission entre les bouffées Oui, la cigarette allumée continue à émettre de la fumée Pas de combustion continue ; l’exposition provient surtout de l’aérosol expiré
Ce que respire l’entourage Fumée contenant de nombreux produits de combustion Aérosol expiré pouvant contenir nicotine, particules et autres composés
Risque sanitaire pour l’entourage Clairement démontré Exposition démontrée, mais effets cliniques et risques à long terme encore insuffisamment établis

Que montrent les mesures dans l’air et chez les personnes exposées ?

Les études montrent qu’après du vapotage en intérieur, il est possible de mesurer dans l’air ambiant certains constituants de l’aérosol, notamment de la nicotine lorsque le e-liquide en contient, ainsi que des particules et différents composés volatils.

Mais une mesure dans l’air ne permet pas, à elle seule, de savoir si l’exposition est suffisante pour provoquer un effet sur la santé.

Pour aller plus loin, certaines études recherchent donc des biomarqueurs d’exposition : nicotine ou métabolites de substances potentiellement toxiques mesurés dans la salive, le sang ou les urines de personnes qui ne vapotent pas elles-mêmes.

La revue britannique de référence sur le vapotage a identifié six études portant spécifiquement sur cette exposition passive. Lors d’expositions courtes, elles n’ont généralement pas observé d’augmentation détectable des marqueurs de nicotine, des composés organiques volatils ou des nitrosamines spécifiques du tabac. En revanche, lors d’expositions plus longues et particulièrement intenses — par exemple dans des lieux où de nombreuses personnes vapotaient — certains marqueurs d’exposition pouvaient augmenter. 

Ces résultats montrent surtout que la dose reçue dépend fortement des conditions réelles d’exposition. Être brièvement à proximité d’une personne qui vapote dans une pièce aérée n’est pas comparable à rester plusieurs heures dans un espace fermé où le vapotage est fréquent.

Il faut également distinguer trois niveaux de preuve :

  • détecter une substance dans l’air montre qu’une exposition est possible ;

  • retrouver un biomarqueur dans l’organisme montre qu’une substance a effectivement été absorbée ;

  • démontrer un effet biologique ou une maladie nécessite des données supplémentaires.

À ce jour, les études sur le vapotage passif sont trop peu nombreuses et trop hétérogènes pour transformer la simple détection de substances ou de biomarqueurs en estimation fiable d’un risque de maladie à long terme. La même revue n’a d’ailleurs pas pu tirer de conclusion solide sur des effets tels que la fréquence cardiaque ou la pression artérielle, les quelques études disponibles étant petites et exposées à un risque important de biais.

Enfants, grossesse, asthme : faut-il être plus prudent ?

Oui. Même si les risques du vapotage passif restent beaucoup moins documentés que ceux du tabagisme passif, il est raisonnable d’éviter une exposition inutile chez les personnes les plus sensibles.

Bébés et enfants

Le NHS recommande, par précaution, de ne pas vapoter autour des bébés et des enfants lorsque cela peut être évité. Les données disponibles ne montrent pas que le vapotage passif présente les mêmes risques que la fumée de cigarette, mais les effets d’expositions répétées pendant plusieurs années restent mal connus.

Il est donc préférable de vapoter à l’extérieur plutôt que dans une petite pièce ou une voiture occupée par un enfant.

Grossesse

Il faut distinguer deux situations différentes : vapoter pendant sa grossesse et être exposée à l’aérosol expiré par une autre personne.

Les données sur l’utilisation de la cigarette électronique pendant la grossesse restent limitées, et elles ne permettent pas d’évaluer directement le risque lié au seul vapotage passif. Il serait donc excessif d’attribuer à une femme enceinte exposée occasionnellement les risques étudiés chez une personne qui vapote elle-même.

Par précaution, éviter de vapoter à proximité immédiate d’une femme enceinte reste néanmoins une mesure simple et raisonnable.

Asthme et autres maladies respiratoires

Certaines personnes souffrant d’asthme ou d’autres troubles respiratoires peuvent être plus sensibles aux aérosols, aux particules ou aux odeurs. Cela ne signifie pas qu’une exposition déclenchera nécessairement une crise ou aggravera une maladie, mais il est préférable de respecter leur sensibilité et de ne pas vapoter à proximité lorsqu’elles le demandent.

Dans ces situations, le principe est simple : l’absence de bénéfice pour la personne exposée et l’incertitude sur les effets à long terme justifient de limiter l’exposition lorsqu’il est facile de le faire.

Maison, voiture, pièce mal ventilée : comment limiter l’exposition ?

Le niveau d’exposition dépend beaucoup du contexte. Plus le vapotage est fréquent, plus l’espace est petit et moins il est ventilé, plus l’aérosol peut s’accumuler temporairement dans l’air.

À la maison

Dans une pièce partagée, la solution la plus efficace reste de vapoter à l’extérieur lorsque d’autres personnes souhaitent éviter l’exposition.

Ouvrir une fenêtre ou aérer la pièce peut réduire l’accumulation de particules et de composés dans l’air, mais cela ne transforme pas le vapotage intérieur en situation de « zéro exposition ».

Dans un logement où le vapotage est occasionnel, une grande pièce bien ventilée n’est pas comparable à une petite pièce fermée où plusieurs personnes vapotent régulièrement.

Vapoter à l’extérieur pour limiter l’exposition de l’entourage à la maisonVapoter à l’extérieur pour limiter l’exposition de l’entourage à la maison

Dans une voiture

La voiture est un espace particulièrement réduit et peu adapté au vapotage en présence d’autres personnes. L’aérosol peut s’y accumuler plus facilement que dans un grand espace bien ventilé.

Par précaution, il est donc préférable de ne pas vapoter dans une voiture occupée par d’autres personnes, surtout lorsqu’il s’agit d’enfants, de femmes enceintes ou de personnes souffrant de troubles respiratoires.

Dans une pièce mal ventilée

Dans un bureau, une chambre ou tout autre espace peu ventilé, le plus simple est de sortir quelques minutes plutôt que de compter uniquement sur une fenêtre entrouverte.

Pour réduire l’exposition de l’entourage :

  • privilégier l’extérieur lorsque c’est possible ;

  • éviter de vapoter juste à côté d’une autre personne ;

  • ne pas vapoter autour des bébés et jeunes enfants ;

  • éviter le vapotage dans une voiture partagée ;

  • respecter les personnes qui demandent à ne pas être exposées.

Ces précautions sont simples, proportionnées et cohérentes avec l’incertitude qui subsiste sur les effets d’expositions répétées à long terme.

Pour aller plus loin sur le vapotage en intérieur, l’aération et les habitudes à adopter chez soi, consultez notre guide Vapoter à la maison : ce qu’il faut savoir.

Où est-il interdit de vapoter en France ?

En France, les règles sur le vapotage ne sont pas exactement les mêmes que celles qui s’appliquent au tabac.

Le Code de la santé publique interdit actuellement de vapoter dans :

  • les établissements scolaires et les lieux destinés à l’accueil, à la formation ou à l’hébergement des mineurs ;
  • les transports collectifs fermés ;
  • les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif.

Ces interdictions relèvent de la réglementation et ne constituent pas, à elles seules, une mesure du niveau de risque sanitaire du vapotage passif. Il faut donc bien distinguer ce que dit la loi de ce que montrent les études sur l’exposition de l’entourage.

Tous les lieux recevant du public ne sont pas automatiquement concernés de la même manière par cette interdiction nationale. Un établissement peut toutefois décider d’interdire le vapotage dans son règlement intérieur.

Pour les détails pratiques, consultez notre guide : Vapotage dans les lieux publics : que dit la loi en France ?.

Article précédent:
Article suivant: