Vapotage passif : un danger pour votre entourage ?

Illustration en style bande dessinée rétro montrant une pièce vide avec une fenêtre ouverte et de la vapeur circulant dans l’air, sous le titre « Vapotage passif »
30 juin 2021 Édité le 26 janvier 2026
Vapotage passif : un danger pour votre entourage ?

Le “vapotage passif” désigne l’exposition involontaire à l’aérosol émis par une cigarette électronique dans un espace partagé. La question revient souvent : est-ce dangereux pour l’entourage ? La réponse dépend de plusieurs paramètres (pièce fermée ou ventilée, fréquence d’usage, type d’appareil et de liquide, durée d’exposition, sensibilité des personnes présentes).

Cet article propose un point factuel et nuancé : ce que l’on sait, ce que les études suggèrent, et ce qui reste incertain. Il ne s’agit ni de rassurer à tout prix, ni d’alarmer, mais de clarifier l’état des connaissances et les bonnes pratiques de prudence dans la vie quotidienne. Ces questions sont d’ailleurs proches de celles abordées dans les analyses sur le vapotage sans nicotine .

Vapotage passif : de quoi parle-t-on exactement ?

Contrairement à la cigarette de tabac, la cigarette électronique ne produit pas de “fumée” issue d’une combustion. Elle génère un aérosol (un mélange de microgouttelettes et de particules) à partir d’un e-liquide chauffé.

On distingue généralement :

  • L’aérosol exhalé par l’utilisateur (ce que l’entourage est le plus susceptible de respirer).
  • Les émissions de l’appareil (variables selon le matériel et l’usage).
  • Les dépôts sur les surfaces (parfois appelés “exposition de troisième main”).

Pourquoi on ne peut pas comparer directement fumée de cigarette et aérosol de vape

La fumée de tabac provient d’une combustion et contient une grande variété de composés issus du brûlage. L’aérosol de la cigarette électronique provient d’un liquide chauffé et sa composition dépend principalement du ratio PG/VG, des arômes, de la présence ou non de nicotine, et des conditions d’utilisation (puissance, résistance, fréquence des bouffées).

Cela ne signifie pas “zéro exposition” pour l’entourage : cela signifie que la nature des émissions, leur niveau et les mécanismes d’exposition diffèrent. Les études disponibles doivent donc être interprétées avec prudence en fonction de la nature exacte des composés mesurés et de leur concentration, notamment dans les contextes de vie quotidienne comme le domicile, abordés dans cet article sur le vapotage à la maison .

Que montrent les études scientifiques ?

La littérature scientifique disponible sur le vapotage passif comprend des travaux très variés : rapports institutionnels, méta-analyses, publications expérimentales et modèles.

Un examen général des mécanismes de toxicité respiratoire et des effets de l’exposition aux émissions de cigarette (combustion) et d’aérosols (vape) est présenté dans cette revue de référence : Toxicologie des aérosols et mécanismes d’exposition (NCBI Bookshelf) .

Une étude publiée dans PLOS ONE s’est penchée sur des aspects mesurables des émissions lors du vapotage en conditions simulées, en comparant certains marqueurs d’aérosols et en analysant la composition des particules : Évaluation des émissions lors du vapotage (PLOS ONE) .

Une revue publiée sur PubMed a également exploré les données cliniques et expérimentales sur l’exposition passive à des aérosols, avec un focus sur les particules inhalées dans des espaces intérieurs : Exposition aux particules et santé : données de la littérature (PubMed) .

Ce que les études suggèrent concrètement

Les publications scientifiques indiquent que :

  • l’aérosol de cigarette électronique peut augmenter temporairement la concentration de particules fines dans un espace fermé, surtout en cas d’usage fréquent ;
  • les niveaux observés sont généralement bien inférieurs à ceux de la fumée de tabac, mais ils ne sont pas nécessairement nuls ;
  • l’impact dépend de la ventilation, de la taille de la pièce et de la durée d’exposition.

Il est important de souligner que la majeure partie des données disponibles provient de modèles expérimentaux, mesures en laboratoire ou simulations, et que les extrapolations directes aux contextes de vie réelle doivent être faites avec prudence.

Grossesse, enfants et personnes sensibles

Dans certaines situations particulières (grossesse, très jeunes enfants, personnes souffrant de troubles respiratoires), il est raisonnable d’adopter une approche encore plus prudente vis-à-vis de toute exposition involontaire à des aérosols. Cela ne signifie pas qu’il existe un danger confirmé, mais que la principe de précaution s’applique lorsqu’on ne dispose pas de données définitives sur l’impact à long terme dans ces populations, notamment dans les lieux soumis à des règles spécifiques, comme expliqué dans cet article sur le vapotage dans les lieux publics .

Cas anecdotiques et prudence

Des rapports médiatiques relatent des cas isolés impliquant des animaux domestiques exposés à des aérosols de vapotage. Par exemple : cas rapporté d’un chien exposé à une e-cigarette (The Independent) .

Ces cas sont anecdotiques, souvent liés à des circonstances particulières (ingestion accidentelle de liquide, par exemple), et ne permettent pas de conclure à un risque généralisé d’exposition passive.

Dépôts sur surfaces et exposition indirecte

Certaines recherches examinent la possibilité de dépôts de composés (comme la nicotine) sur les surfaces après usage en intérieur. Dans l’état actuel des connaissances, ces dépôts peuvent être mesurables dans certains contextes, mais il n’existe pas de consensus scientifique indiquant qu’ils constituent un danger systématique.

Précautions pratiques pour limiter l’exposition

  • Aération et ventilation : ouvrir régulièrement les fenêtres et renouveler l’air intérieur.
  • Usage dans des espaces dédiés : éviter les espaces confinés lorsque c’est possible.
  • Attention aux personnes sensibles : grossesse, très jeunes enfants ou problèmes respiratoires.

Conclusion

Le vapotage passif n’est pas systématiquement équivalent au tabagisme passif, car la nature des émissions, leur composition et leur intensité diffèrent. Les études disponibles suggèrent que la présence d’aérosols peut être mesurée dans l’air intérieur lors d’un usage, surtout en espace confiné, mais la plupart des effets documentés proviennent de contextes expérimentaux ou de simulations.

La meilleure approche consiste à appliquer des précautions simples (ventilation, aération, sensibilisation des personnes sensibles) plutôt qu’à conclure à un danger avéré.

Études et sources citées (pour aller plus loin)

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