Une cigarette classique produit de la fumée parce que le tabac et le papier brûlent. Une cigarette électronique ne brûle pas de tabac : sa résistance chauffe un e-liquide et forme un aérosol, couramment appelé « vapeur ». Le nuage visible n’est donc ni de la fumée ni de la simple vapeur d’eau.
Cette absence de combustion modifie fortement la nature et les quantités des substances émises. Elle évite notamment les goudrons produits par la combustion du tabac ainsi que l’exposition au monoxyde de carbone caractéristique de la fumée de cigarette, sans pour autant rendre l’aérosol inoffensif. Voyons concrètement comment se forment ces deux émissions, ce qu’elles contiennent et ce que cette différence signifie pour l’utilisateur et son entourage.
En bref
La cigarette brûle du tabac et du papier : elle produit de la fumée.
Une e-cigarette chauffe un e-liquide : le nuage visible est un aérosol, et non de la simple vapeur d’eau.
Sans combustion du tabac, elle ne produit pas de goudrons de combustion ni une exposition au monoxyde de carbone comparable à celle d’une cigarette.
L’aérosol peut néanmoins contenir de la nicotine et d’autres substances : vapoter n’est pas sans risque.
Fumée ou vapeur : quelle est la différence essentielle ?
Lorsqu’une cigarette est allumée, le tabac et le papier brûlent. Pendant une bouffée, la zone la plus chaude peut atteindre environ 800 à 900 °C. Cette combustion et la décomposition du tabac sous l’effet de la chaleur produisent une fumée complexe, constituée de gaz, de particules et de nombreuses substances chimiques.
Une cigarette électronique fonctionne autrement : sa résistance chauffe l’e-liquide dont elle est imbibée, sans brûler de tabac. Une partie du liquide forme alors un aérosol inhalable, composé notamment de fines gouttelettes suspendues dans l’air. Dans le langage courant, cet aérosol est appelé « vapeur », mais il ne s’agit pas de simple vapeur d’eau.
Cette différence de fonctionnement est essentielle. L’absence de combustion modifie fortement la nature et les quantités des substances émises, sans signifier que l’aérosol est dépourvu de substances potentiellement nocives.


Que contient la fumée d’une cigarette ?
La fumée de cigarette ne correspond pas simplement aux substances déjà présentes dans le tabac. Lorsque le tabac, le papier et les autres composants de la cigarette brûlent, la combustion et la décomposition thermique forment de nouvelles substances. Le résultat est un mélange complexe de gaz et de particules contenant des milliers de composés chimiques.
On y retrouve notamment :
- du monoxyde de carbone, produit par la combustion incomplète ;
- des particules dont une partie constitue ce que l’on appelle couramment les goudrons ;
- des composés organiques volatils et des carbonyles, comme le formaldéhyde ou l’acétaldéhyde ;
- des hydrocarbures aromatiques polycycliques et des nitrosamines spécifiques du tabac ;
- des métaux et de nombreuses autres substances toxiques ou cancérogènes ;
- de la nicotine, responsable de la dépendance au tabac.
La composition exacte varie selon la cigarette et la manière dont elle est fumée, mais sa grande complexité est directement liée à la combustion. Les goudrons, le monoxyde de carbone et la nicotine seront distingués plus précisément plus loin dans cet article.
Que contient l’aérosol d’une cigarette électronique ?
Une cigarette électronique ne brûle pas de tabac. Sa résistance chauffe l’e-liquide et produit un aérosol formé de fines gouttelettes suspendues dans une phase gazeuse. Sa composition ne doit cependant pas être confondue avec la simple liste des ingrédients inscrite sur le flacon.
Avant la chauffe, un e-liquide contient généralement du propylène glycol (PG), de la glycérine végétale (VG), des arômes et, de manière facultative, de la nicotine. Selon la formulation, d’autres ingrédients peuvent également être présents. Notre guide sur la composition des e-liquides explique précisément le rôle de chacun.
Après la chauffe, l’aérosol peut notamment contenir :
- des gouttelettes de PG et de VG ;
- de la nicotine lorsque le liquide en contient ;
- des composés liés aux arômes ;
- des composés volatils ou des carbonyles formés sous l’effet de la chaleur ;
- des traces de métaux ou d’autres substances provenant du dispositif.
La nature et la quantité de ces émissions varient selon la formule du liquide, la résistance et son état, la puissance, l’arrivée d’air, ainsi que la durée et la fréquence des bouffées. Une résistance insuffisamment alimentée en liquide ou une surchauffe anormale peut notamment augmenter la formation de certains composés.
Tous les aérosols ne contiennent donc pas les mêmes substances aux mêmes concentrations. La détection d’un composé ne signifie pas non plus que son niveau est équivalent à celui mesuré dans la fumée de cigarette : les conditions d’utilisation et les quantités émises doivent également être prises en compte.
Fumée de tabac et aérosol de vape : comparaison
Goudrons, monoxyde de carbone et nicotine : trois notions différentes
Ces trois termes sont souvent regroupés lorsque l’on compare cigarette et vapotage. Ils ne désignent pourtant ni le même type de substance ni le même mécanisme.
Les goudrons sont produits par la combustion
Les « goudrons » ne constituent pas un ingrédient ajouté au tabac. Ce terme désigne couramment la partie particulaire de la fumée de cigarette restant après exclusion de l’eau et de la nicotine selon les méthodes d’analyse conventionnelles. Ils se forment lors de la combustion et de la décomposition thermique du tabac et du papier.
Puisqu’une cigarette électronique ne brûle pas de tabac, son aérosol ne contient pas de goudrons de combustion au même sens que la fumée de cigarette. Il contient néanmoins des gouttelettes et peut comporter d’autres substances : la présence de particules dans un aérosol ne doit donc pas être automatiquement assimilée à du goudron.
Le monoxyde de carbone est lié à la combustion incomplète
Le monoxyde de carbone, ou CO, est un gaz incolore et inodore produit notamment lors d’une combustion incomplète. Dans l’organisme, il se fixe sur l’hémoglobine et réduit la capacité du sang à transporter l’oxygène. Le tabagisme constitue ainsi une source importante d’exposition au monoxyde de carbone.
En fonctionnement normal, une cigarette électronique ne brûle pas de tabac et ne produit donc pas une exposition au CO comparable à celle d’une cigarette. Cette différence concerne spécifiquement le monoxyde de carbone : elle ne signifie pas que l’ensemble de l’aérosol est inoffensif.
La nicotine est distincte des produits de combustion
La nicotine peut être présente dans la fumée de cigarette comme dans l’aérosol d’une cigarette électronique lorsque l’e-liquide en contient. Elle est principalement responsable de la dépendance et peut produire différents effets physiologiques, notamment sur les systèmes nerveux et cardiovasculaire.
Elle n’est toutefois pas le principal responsable des cancers et des maladies associés au tabagisme, dont une grande partie des risques provient des substances générées par la combustion. Sa présence ne rend donc pas la fumée et l’aérosol chimiquement équivalents.
La quantité de nicotine délivrée dépend du produit, de sa concentration, du matériel et de la manière de l’utiliser. Pour approfondir ces questions, consultez notre guide consacré au dosage, au fonctionnement et à l’absorption de la nicotine.
L’absence de combustion réduit-elle les risques ?
Oui, par rapport au fait de continuer à fumer, l’absence de combustion réduit généralement l’exposition à de nombreuses substances toxiques. L’aérosol de cigarette électronique contient globalement moins de substances nocives, et souvent à des concentrations plus faibles, que la fumée de tabac. Cela explique pourquoi le vapotage est considéré comme moins nocif que le tabagisme pour un fumeur adulte.
Cette réduction d’exposition ne permet toutefois pas d’attribuer un pourcentage précis de réduction du risque. L’aérosol peut contenir de la nicotine, des aldéhydes, des particules fines, des métaux et d’autres substances potentiellement nocives. Les effets d’un usage prolongé restent également moins bien caractérisés que ceux du tabagisme, dont les conséquences graves sont établies depuis longtemps.
Le bénéfice attendu dépend surtout de l’arrêt complet des cigarettes. Continuer à fumer tout en vapotant maintient l’exposition aux produits de la combustion, même lorsque le nombre de cigarettes diminue. Le double usage ne doit donc pas être considéré comme une protection durable : pour réduire réellement l’exposition liée au tabac fumé, l’objectif est de remplacer complètement la cigarette.
Cette comparaison concerne avant tout les fumeurs adultes qui cherchent à sortir du tabagisme. Pour une personne qui ne fume pas, commencer à vapoter n’apporte aucun bénéfice sanitaire et peut entraîner une dépendance à la nicotine. L’option la moins risquée reste de ne pas fumer et de ne pas vapoter.
Et pour l’entourage ?
Une cigarette allumée émet continuellement de la fumée, y compris entre les bouffées. Une cigarette électronique ne produit un aérosol que lorsqu’elle est utilisée ; l’exposition de l’entourage provient donc principalement de l’aérosol expiré par le vapoteur.
Cette exposition est généralement bien plus faible que celle provoquée par la fumée de tabac, mais elle n’est pas nécessairement nulle. L’air ambiant peut contenir temporairement de la nicotine, des particules fines ou d’autres composés issus de l’aérosol. Par précaution, mieux vaut aérer et éviter de vapoter à proximité des enfants, des femmes enceintes ou des personnes souffrant de troubles respiratoires.
Pour aller plus loin, consultez notre article consacré au vapotage passif et à l’exposition de l’entourage.
Quatre idées reçues sur la fumée et la « vapeur »
Une cigarette électronique produit-elle de la fumée ?
Non. La fumée résulte d’une combustion, alors qu’une cigarette électronique chauffe un liquide sans brûler de tabac. Le nuage produit est un aérosol, même si le mot « vapeur » reste couramment employé.
La vapeur de cigarette électronique est-elle seulement composée d’eau ?
Non. L’aérosol contient principalement des gouttelettes issues du propylène glycol et de la glycérine végétale, auxquelles peuvent s’ajouter des arômes, de la nicotine et des substances formées pendant la chauffe. Il ne s’agit donc pas de simple vapeur d’eau.
La cigarette électronique produit-elle du goudron ?
Elle ne produit pas les goudrons associés à la combustion du tabac. Son aérosol peut néanmoins contenir des particules et d’autres composés potentiellement nocifs. Employer le mot « goudron » pour désigner toutes ces substances serait chimiquement inexact.
L’absence de combustion signifie-t-elle une absence de risque ?
Non. Elle évite une grande partie des substances toxiques créées lorsque le tabac brûle, ce qui réduit généralement l’exposition par rapport à la cigarette. Elle ne rend toutefois pas le vapotage inoffensif, notamment en raison des substances présentes dans l’aérosol et du risque de dépendance à la nicotine.
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